Que reste-t-il d’un héros lorsque le monde ne le reconnaît plus et que sa propre identité devient incertaine ? C’est la question au cœur de Fantastic Four 2099, une série publiée par Marvel en huit numéros, de janvier à août 1996. Son lancement réunit le scénariste Karl Kesel et le dessinateur Rick Leonardi. Elle transpose la célèbre famille de super-héros dans le futur alternatif de Marvel 2099.
L’aventure débute dans la Zone négative. Reed Richards, Sue Storm, Johnny Storm et Ben Grimm portent de nouveaux uniformes et ignorent comment ils sont arrivés là. Convaincus d’être les véritables Quatre Fantastiques, ils viennent au secours d’une jeune femme, Chimera. Ensemble, ils rejoignent la Terre par un passage menant à leur ancien quartier général, le Four Freedoms Plaza. Mais le retour espéré devient une découverte inquiétante : ils se retrouvent désormais en 2099.
Dans cette ville futuriste, leur réputation ne les protège plus. Stark-Fujikawa les présente comme des expériences de laboratoire en fuite et met leur tête à prix. Pourchassés, ils trouvent finalement refuge dans une ancienne installation du S.H.I.E.L.D. Reed découvre même des dispositifs de suivi dissimulés dans leurs costumes. Le danger s’accompagne alors d’un doute plus profond : leurs souvenirs suffisent-ils à prouver qu’ils sont bien ceux qu’ils pensent être ?
Pour en éclaircir les origines, ils rencontrent Miguel O’Hara, Spider-Man 2099, qui aide Reed à analyser leur ADN. Pourtant, les analyses restent non concluantes : les techniques de l’époque rendent l’identification incertaine. Leur tentative de retrouver une issue par la Zone négative tourne ensuite à la crise dimensionnelle lorsque le portail est endommagé.
La question de leur identité recule bientôt face à une urgence mondiale. Une catastrophe liée aux Phalanx provoque des inondations massives. Johnny, Sue et Ben se retrouvent mêlés à une lutte pour le pouvoir à Atlantis, tandis que Reed travaille avec Fatalis pour secourir les survivants. Les réfugiés gagnent la Terre sauvage, où commence une reconstruction précaire.
Dans le prolongement du récit, Ben participe à une mission vers Mars pour chercher de l’aide. Son vaisseau s’écrase, et ses proches le croient perdu. Reed s’épuise à préserver les connaissances humaines, tandis que Sue et Johnny cherchent un passage vers leur époque. Reed finit par les rejoindre dans la Zone négative, laissant leur destination incertaine.
En 1998, 2099: Manifest Destiny apporte une résolution dans une branche alternative de cette continuité : les Fantastiques y sont des copies créées par Uatu, le Gardien, pour aider l’humanité. Moon Knight défend leur droit à vivre lorsque leur créateur envisage de les détruire. Leur survie leur permet de participer à la reconstruction de la Terre et au renouveau de l’exploration spatiale.
On peut lire cette histoire comme une réflexion sur ce qui fonde l’héroïsme. Les personnages cherchent longtemps une preuve biologique de leur authenticité, mais leurs décisions apportent déjà une autre réponse. Ils protègent des inconnus, restent solidaires malgré leurs pertes et mettent leurs capacités au service d’un avenir auquel ils ne comprennent pas encore leur appartenance. Leur origine demeure une énigme pendant une grande partie du récit ; leur volonté d’aider, elle, ne fait guère de doute.